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Scellée
sur la chapelle de Contis, une pierre, ornée d'une haute
bande de métal : " A Léon BATHIAT, 31 Août
1912 Dunkerque Contis "
Le 31 Août 1912 atterrissait sur la plage de Contis
Léon BATHIAT. Parti le matin de Calais, il venait de parcourir
820 kilomètres à l'occasion de la coupe Pommery,
soit la plus grande distance aérienne en un jour entre
le lever et le coucher du soleil.

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Un collectionneur de défis. |
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Ce moment jalonnant la vie de ce collectionneur de défis
fut gravé dans la pierre par Bernard Creuset, graveur
et pilote. Cette oeuvre commémorative apposée sur
le mur de la chapelle de Contis fut inaugurée le 29 Août
1992 par le général Michel Geuse, Président
des " Vieilles tiges ".
Paul Léon
Hubert Bathiat naît à Douai le 2 Août 1877.
Il y fait des études et part à 18 ans passer trois
ans à l'école d'ingénieurs mécaniciens
de Coventry en Angleterre. Il se lance dans le cyclisme, bat
tous les records du monde amateurs puis, devenu professionnel,
bat à nouveau quelques records du monde, dont celui des
100 mètres qu'il conservera pendant 24 ans. Il s'intéresse
ensuite au tricycle à pétrole, à la moto
et à la course automobile avec succès. A 32 ans
(1909), il voit évoluer Blériot et décide
de voler à son tour.
Avant même de savoir piloter, il achète un monoplan
Hanriot et s'entraîne à rouler au sol avec un avion
école de cette marque, en attendant la livraison de son
appareil. Anticipant sur les progrès de Bathiat, le père
Hanriot publie dans " l'Auto ", courrier des aérodromes,
un coup de bluff publicitaire : " Léon BATHIAT vole
magnifiquement à l'aérodrome de Reims ".

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Chef pilote de monoplan chef SOMMER . |
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Aidé par cette rumeur et ne sachant toujours pas piloter,
il obtient que Louis BREGUET (qui cherche alors un pilote d'essais)
le teste sur un de ses appareils. C'est ainsi qu'il décolle
et atterrit pour la première fois de sa vie. Son manque
d'expérience sera la cause d'un accident à l'atterrissage
lors de son troisième vol. L'avion endommagé est
réparé et lui permet de nouveaux vols le lendemain.
48 heures plus tard, le 21 Juin 1909, il passe son brevet (N°110)
avec succès.
Dès ce moment, il participe à de nombreux meetings
: Rouen sur biplan BREGUET en juin, Reims en juillet, Nantes
en août, Le Havre, Trouville, Deauville, Maubeuge en septembre,
Valencienne en octobre. Il obtient son premier record en reliant
Douzy à Reims (110 kilomètres) en 52 minutes soit
127 km/h sur Sommer le 14 janvier 1911
C'est chez Sommer qu'il deviendra
en février 1911 chef pilote de monoplan et il remporte
quelques jours plus tard (le 12) le circuit de Lisieux. Henri
Laniel, député de l'arrondissement de Lisieux,
avait offert un prix de 5000 francs au premier qui bouclerait
le circuit aérien de son arrondissement, soit une boucle
de 90 kilomètres à parcourir dans une même
journée. Le sénateur Boivin-Chapeaux, une prime
de 1000 francs à celui qui en plus du circuit, effectuerait
un vol autour du clocher de Moyeux. BATHIAT fit ce parcours en
un peu plus de trois heures.

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Record de distance dans une journée . |
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Le 31 août, après avoir atterri six fois pour
se ravitailler en essence, il bat le record de distance dans
la journée en se posant à Contis. Après
avoir dîné avec M. Louis Crouzet, maire de Lit et
Mixe, il passe la nuit à l'hôtel de la plage. Son
monoplan Sommer reste sur la plage, surveillé toute la
nuit par deux hommes. Il repart le lendemain.

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Fondateur de la maison SOMMER-BATHIAT . |
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Le 7 Août, il reçoit
la médaille militaire. En Septembre de la même année,
il est le premier aviateur à voler à 150 km/h.
sur monoplan Sommer ; Il passe son premier looping au meeting
de Vienne. Toujours en 1913, il crée la maison Bathiat-Sanchez,
qui construit les premiers monoplans rapidement repliables.
En 1914, il est volontaire pour le front qu'il rejoint avec
l'escadrille BL30 dans la région de Valenciennes. Il effectuera
des missions de reconnaissance et contribue au réglage
du tir des premières batteries 105. Il est ensuite rappelé
pour diriger, comme civil, l'école Blériot. En
1915, militarisé à nouveau, il forme 400 élèves
et réceptionne tous les avions Caudron sortis de l'usine
Blériot. En 1916, il crée la maison Sommer-Bathiat
pour la réparation des avions. Il y emploie 500 ouvriers
et transforme en double commande école (avion d'apprentissage)
800 SOPWITH accidentés au front.

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En 1920, il est un des fondateurs
de l'association " les Vieilles Tiges " (association
de pionniers de l'aviation) dont il sera le président
pendant plus de trente ans et qu'il animera jusqu'à sa
mort en 1967. Il était commandeur de la légion
d'honneur.

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